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 [Conte] La petite elfe

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Celyan



Messages : 637
Localisation : Royaumes de l'Est
Humeur : Motivée

MessageSujet: [Conte] La petite elfe   Lun 13 Oct - 7:10

Ce conte est une vieille légende que les humains connaissent depuis le temps du royaume d'Arathor, et transmise de génération en génération. Essentiellement narrée à l'oral par les bardes, elle fut modifiée au cours des siècles, si bien qu'il existe autant de versions de l'histoire que de familles humaines.

Racontée par Celyan le 4 septembre de l'an 33, au cours de la Veillée des Contes de Forgefer, cette légende a été corrigée et améliorée par les soins des Editions du Nénuphar afin de la faire connaitre aux peuples de l'Alliance. Voici l'original tel que connu initialement par Celyan.





Citation :
Cette histoire prend place au temps où les royaumes d’Arathor et de Quel’thalas étaient en bons termes. Les humains avaient prêtés main forte aux haut-elfes pour repousser les trolls Amanis et les elfes partageaient leur magie avec la race humaine.

Une jeune quel’dorei vivait dans un petit village, au sein d’une plaine calme, entourée de montagnes. Son enfance s’était écoulée là, dans la paix chaleureuse, parmi les hauts bâtiments finement décorés et la brise sauvage caressant les arbres. A l’aube, la petite elfe aimait s’en aller doucement, vadrouiller dans les paysages alentours. Elle était une enfant sage et passait ses journées là, sans soucis, sans pensées, poursuivant des rêveries vagues, indéfinissables, intraduisibles en aucune langue humaine. Et ce qui était un jour pour nous eut été une semaine pour elle. Elle avait un père et une mère aimants, ainsi que deux frères et trois sœurs. Malgré tout la joie que lui offrait cette vie, la petite quel’dorei ne semblait jamais parfaitement heureuse. Elle était obnubilée par les villes humaines, dont son père faisait parfois mention, et tout ce qui l’entourait lui semblait morne et pâle en comparaison.

Il y avait alors, derrière les montagnes voisines, un jeune seigneur humain qui vivait avec son père et sa mère vieillissants. Il avait suivi l’entrainement militaire à Strom et était lieutenant. Mais il avait demandé à rentrer chez lui, car la vie de caserne, qu’il avait menée pendant deux ans, l’avait profondément dégoûté. Il avait l’âme aventureuse et rêveuse de la jeunesse. C’était l’été et chaque jour à l’aube il chevauchait, suivant au hasard, les routes raboteuses des plaines et parfois les sentiers ardus de la montagne. Un jour qu’il était allé plus loin que d’ordinaire, accablé par la chaleur de midi, il poussa son cheval jusqu’à un ravin reculé. C’était l’endroit où la petite elfe avait pour habitude de passer ses journées.

Elle lui apparut, svelte et fine, dans une belle tenue légère et colorée, avec son visage bronzé, d’un pur ovale, où les grands yeux bleus de la race quel’dorei scintillaient mystérieusement. Son expression sombre et triste, contrastait avec ses cheveux soyeux et blonds, qui encadraient divinement cette figure charmante. Deux lourds anneaux d’or pendaient à ces longues oreilles gracieuses. Elle jouait distraitement avec des brindilles vertes en chantant une complainte elfique. Le noble était las et il s’avança vers elle, ne sachant pas un mot de thalassien, lui dit en commun : « Y a-t-il de l’eau par ici ? » Surprise, elle lui désigna l’outre qu’elle avait avec elle et la lui tendit. Submergée par la joie de cette rencontre, elle tenta de converser avec lui, bien que les mots humains lui fussent difficiles à trouver.

Il vint s’asseoir près d’elle pour continuer la « conversation ». Elle le questionna, en balbutiant, cherchant ses mots, pourquoi était-il là, comment étaient les villes humaines, les champs des paysans,  les habits, les coutumes de son peuple. Il fut contrarié que la barrière de la langue ne lui permît pas de s’expliquer distinctement. De retour chez lui, il s’acharna à l’étude du thalassien. Et dès qu’il avait un moment, quelques heures, il pressait son cheval pour la rejoindre, pris d’une impatience qui l’étonnait lui-même. Elle essaya, elle aussi, de lui faire comprendre des choses dont le sens échappait au jeune homme la plupart du temps. Alors, voyant qu'elle ne parvenait pas à se faire comprendre, elle se mettait à rire... Et ce rire clair donnait au jeune lieutenant une sensation de désir et une prescience de voluptés grisantes. Un soir, au moment de se quitter, la petite elfe lui donna un baiser, le premier, et ils eurent un moment de bonheur ineffable, une ivresse infinie, sans nom. A partir de cet instant, ils connurent chaque jour une félicité si pure et si complète que le temps, pour eux, ne comptait plus.

Mais le temps compte. Le soleil tumultueux de l’été laissa place aux reflets flegmatiques de l’automne. Un jour le jeune lieutenant reçut un ordre de mission pour une région éloignée. Il n’osa en parler à son aimée, mais elle n’était pas dupe et lut dans son regard son chagrin croissant à mesure qu’approchait la date fatidique. Alors elle lui disait « Ne sois pas triste, nous sommes liés, je suis à toi pour toujours ». Mais lui, savait bien qu’en dépit de leurs sentiments, il devrait se plier aux ordres et à son honneur. Maintenant il maîtrisait suffisamment bien le thalassien pour pouvoir lui dire toute la passion touchante qui l’habitait et lui répétait à l’infini « Li'ohteri, li'ohteri, li'ohteri. Je t’aime, je t’aime, je t’aime. » Mais il ignorait que dans leur langage, ces mots d’amour sont intemporels, ils ne sont conjugués à aucun temps et à tous les temps à la fois. Il aurait voulu échapper à ce sort et s’enfuir avec elle, mais c’était impossible.

Le jour du départ, il se dut avouer la vérité cruelle et ce fut, pour la petite elfe, une explosion de désespoir déchirant. Ils se quittèrent en larmes, et il promit de revenir la chercher bien vite car il l’aimait et être séparé d’elle lui semblait insurmontable. Mais il savait qu’il n’était pas maître de cette promesse, car le destin aime tourmenter les vivants en séparant par la mort, ceux que la vie a unis. Longtemps, la petite elfe écouta retentir au loin le galop cadencé du cheval... Quand elle ne l'entendit plus, elle se jeta face contre terre et pleura.

Les semaines s’écoulèrent. Sans nouvelles. Puis les mois, les années. Elle vivait en une sorte de torpeur sinistre, toute seule désormais dans les montagnes sauvages, elle demeurait couchée à terre, immobile. Qu’attendait-elle ? Que le temps passe et le ramène vers elle… et le temps est long pour un elfe. En elle, aucune révolte. Simplement une douleur infinie, une souffrance continue, sans trêve ni repos. La souffrance cruelle et injuste des êtres inconscients, enfants ou animaux, qui n'ont même pas l'amère consolation de comprendre pourquoi et comment ils souffrent. Et tous les efforts déployés de sa famille ne purent la consoler.

Le jeune noble voyagea, parcourut de nombreuses contrées, combattit avec bravoure et fit de nouvelles rencontres. Tant de choses à vivre, de découvertes dont imprégner son esprit, que petit à petit l'image charmante de sa quel’dorei se recula dans ces lointaines vagues du souvenir, faillible mémoire humaine, où tout s'embrume et finit de sombrer dans les ténèbres de l'oubli définitif.

A mesure que le temps passait, la petite elfe dépérissait un peu plus, car sa mémoire de quel’dorei ne lui permettait pas d’oublier. Et, à la tristesse de l’absence avait succédé l’inquiétude d’une nouvelle funeste. Elle demeurait dans l’angoisse qu’il ne soit plus de ce monde sans qu’elle ne le sache. Or cinq ans plus tard, le père de la petite elfe, apprit par des voyageurs de passage que le jeune seigneur était revenu. Il en avertit sa fille chérie qui demanda immédiatement à le rejoindre, car enfin ils allaient être réunis.

Bien qu’elle fut amaigrie, faible, pâle, les joues creuses, elle fit le voyage jusqu’au domaine humain et c’était grand jour de fête lorsqu’elle arriva. Le jeune seigneur, était rentré après tant d’absence, avec sa fiancée, délicate et jolie humaine de l’ouest. Il s'était bien souvenu de ce qu'il appelait maintenant son « idylle elfique » mais tout cela était si loin et l'homme qu'il était devenu ressemblait si peu au jeune officier d'autrefois. Ah ! Comme il lui semblait ridicule, à présent, le petit lieutenant sincère et ardent des débuts ! Et il ne comprendrait plus jamais combien cette première forme de primeur innocente, cet élan des véritables premiers sentiments avait été meilleure et plus belle que la seconde, maintenant gâtée par l’esprit adulte, moderne et vaniteux, égoïste et prosaïque, qui l’avait pénétré peu à peu.

La petite elfe sentit son cœur se briser et ses proches, qui avaient beaucoup d’affection pour elle, allèrent quérir l’aide d’une grande sorcière de leur race. Ils revinrent vers leur fille et sœur avec un poignard enchanté. « Plonge cette lame dans le cœur de ton humain. A l’instant où il cessera de battre, alors tu oublieras tout de lui. Ce sera comme s’il n’avait jamais existé et tu pourras vivre à nouveau insouciante pour les siècles de ta vie ».

Le soir des noces, la petite quel’dorei se faufila jusqu’à la chambre nuptiale. Son noble humain était endormi, son épouse reposant contre lui. Elle le contempla, car elle le trouvait toujours beau et bon, mais ses mains tremblaient de n’être celle qu’il serrait dans ses bras avec ce sourire rêveur. La souffrance indicible, l’implacable torture de cette scène était trop lourde à supporter pour son cœur brisé. Ô combien elle voulait que cela cesse. Elle aurait tout fait pour ça. Mais lorsqu’elle leva le poignard, elle ne put se résoudre à tuer celui qu’elle aimait pour l’éternité.

Elle quitta en toute hâte l’humain qui ne serait plus jamais sien, grimpa la montagne pour retourner à l’origine de son tourment. Là-bas elle se pourfendit le cœur et se jeta dans le ravin. Et au moment où la mort s’emparait d’elle, elle ne se rappela plus rien, ni pourquoi elle était venue là, ni pourquoi elle venait de mettre fin à ses jours.

On dit que son esprit perdura. Mais comme elle s’était poignardé elle-même avec la lame ensorcelée, elle ne se souvient plus qui elle était durant sa vie. Ne reste que son caractère calme et naïf, et son enjouement à parcourir librement la plaine et la montagne. Et si par hasard vous vous perdez dans ces montagnes, elle indiquera le chemin, pour que vous puissiez retourner auprès de ceux que vous aimez.


Pour découvrir la version retravaillée, illustrée et publiée par les Editions du Nénuphar :


Contes et légendes du monde
Un Amour elfique
Celyan Belqueria











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